Le circuit des fortifications
|
Des remparts à Mouzon
| Mouzon fut, depuis presque toujours, une zone frontière.
Déjà à l'époque romaine, on note les Trévires au nord et les Rèmes, au sud. Plus tard, après le traité de Verdun de 843 la frontière entre le royaume de Charles le Chauve et la Lotharingie passe entre Mouzon et Carignan (Yvois) ainsi que la séparation entre la France et l'empire germanique.
L'historien Fernand Braudel notait les « permanences » en histoire et il semble bien que cette vocation de Mouzon comme « ville frontière » entre dans cette vision même si on ne doit pas appliquer le concept moderne de frontière aux situations antérieures. Toujours est-il que c'est à cette localisation que la ville doit d'avoir été fortifiée.
Si les premières défenses peuvent dater de la fondation de l'abbaye cistercienne en 971, elles accompagnent la reconstruction de l'église-abbatiale à partir de 1212 faisant de Mouzon la deuxième ville du diocèse, après Reims. Ce n'est qu'en 1659 que Louis XIV repousse le frontière du Royaume de France d'une vingtaine de km vers l'est.
Les remparts sont alors délaissés ou les pierres taillées sont réemployées à autre chose. La Porte de Bourgogne reste le plus beau vestige de ce passé militaire.
| | |
Plan
| Plan du circuit piétonnier. Cliquer pour agrandir.
Visite guidée : contacter les Amis du Patrimoine de Mouzon : Paul Motte tel : 03 24 26 12 11
site de l'association |
1. La Porte de France
| | | A l'entrée de Mouzon par le sud-ouest, elle défendait ce qui ne fut longtemps qu'un gué sur la Meuse. Elle donne accès à « l'île de Mouzon » comprise entre le fleuve et le canal. Il n'en reste plus que la base des deux tours qui prenaient en chicane la voie venant de Beaumont.
|
2. Le chemin de ronde.
| Il reliait le château aux tours des remparts permettant à la fois la surveillance du fleuve et un déplacement des soldats à l'abri.
Vue sur les rives de Meuse.
|
3. Les remparts du château
| | | Une première mention de « Mosomo castello » est connue grâce à une pièce de monnaie mérovingienne. Ce « castel » est dévasté par Carloman en 871 et par les Normands en 882. Sans doute constituée de palissades de bois, la fortification évolue vers plus de solidité et de complexité. Le 16 juillet 1379 Mouzon est rattaché aux possessions du roi de France (Charles V) après un échange de domaines entre le roi et les archevêques de Reims. Même si le roi n'y habita jamais, une sorte de cour s'est développée dans et autour du château regroupant les dignitaires, représentant l'autorité royale dont le gouverneur. Comme les remparts, le château est abandonné après 1659.
|
4. La tour Saint-Gérôme.
| Ce fut vraisemblablement une grosse tour ronde destinée à surveiller les fossés rendus marécageux par la canalisation de différentes sources. Reste visible une chambre de tir permettant 3 angles de feu depuis l'intérieur tout en ne laissant apparaître qu'une seule embrasure à l'extérieur.
|
5. La Porte de Bourgogne
| Autrefois « Porte Saint Denis », nom correspondant à une église proche et détruite lors des bombardements espagnols en 1650, ses bases datent du XII ième siècle. Fermé par une porte de bois l'accès à la ville était aussi protégé par un large fossé. La tour comporte 3 niveaux munis d'étroites archères. La salle du bas, équipée d'une cheminée, était la salle des gardes. Avec l'évolution de l'artillerie au XVII ième siècle, la Porte de Bourgogne fut englobée dans une dispositif bastionné plus vaste alignant 3 fossés et 3 ponts-levis.
|
6. La grosse Tour
| Ce fut une des constructions les plus massives de la défense de Mouzon : 24 m de diamètre, murs de 8 m d'épaisseur, plusieurs étages voûtés couverts d'une terrasse pour le déplacement des canons. Déjà remaniée en 1512, elle fut démontée à partir de 1672. Il en reste des éléments imposants qu'on ne peut approcher pour cause de sécurité.
|
7. La Tour de l'Eperon.
| Placée au bord de la Meuse, en bas des fossés descendant de la Grosse Tour, elle défendait la ville des approches par le fleuve. Au XIX ième siècle, cette tour a été rehaussée d'une guérite de pierres taillées et de briques.
|
8. La Tour de la Couaillote
| | | Située en bordure du bras nord de la Meuse (aujourd'hui Canal des Ardennes) elle comportait des salles superposées de 8 m de diamètre intérieur renforcées par des murs de 4 m d'épaisseur. Elle interdisait la traversée de ce bras de Meuse, en face de la Tour de l'Eperon et devait épauler la Tour de l'Abbaye plus au sud.
|
9. La Tour de l'Abbaye.
| C'est Louis XI qui demande, en 1473, aux moines bénédictins de bâtir une tour pour la défense de la ville et de l'abbaye. Elle a été renforcée au XVI ième siècle par des bastions. Une partie des douves remplies d'eau est visible au bout des jardins actuels de l'Abbaye.
|
|
|
|