Accéder au contenu
Actualité
Toutes les actualités

Ryoko Sekiguchi à la bibliothèque

Le Festival littéraire des bibliothèques en région Grand Est a posé ses valises, le temps d’une soirée, à la bibliothèque municipale de Mouzon.

L’Espace Isabelle Coffin a accueilli Madame Ryoko Sekiguchi, écrivaine japonaise, en présence de Paul Boulet, animateur de la bibliothèque et de Leila Baert, animatrice culturelle des Portes du Luxembourg.

Depuis plusieurs semaines, des ouvrages étaient à la disposition du public afin de faire connaissance avec l’œuvre de Ryoko. Poétesse, essayiste, auteure d’ouvrages sur la nourriture et traductrice de plus de 130 Mangas (bandes dessinées japonaises) en Français !

Les échanges ont été menés par Monsieur Yahia Belaskri, lui-même écrivain.

Ryoko 4

Au détour du dialogue, le public a pu découvrir la sensibilité à fleur de peau d’une femme traumatisée par la mort de son grand-père qu’elle chérissait et par le drame de Fukuschima qui a mis à terre nombre des valeurs ancestrales du Japon.

Ses rapports à la nourriture qui est, pour elle, « une quête de la vie et une ouverture sur l’autre » ; ses relations familiales ; ses rapports schizophréniques entre la France et son pays natal ainsi que beaucoup des forces et faiblesses de l’auteure ont été évoqués sans fausse pudeur et avec une bonne humeur communicative.

Son premier ouvrage a été publié au Japon quand Ryoko avait 17 ans. C’est à l’université qu’elle décide d’apprendre le Français (après l’Anglais, obligatoire au lycée) et qu’elle obtient une bourse en France pour 3 ans. Autre miracle, un de ses manuscrits y est publié aux éditions P.O.L. Elle pense en japonais et se traduit elle-même, pour, peu-à-peu, écrire directement en Français.

Ryoko Sekiguchi est un précieux trait-d ’union entre deux cultures tellement différentes, elle concentre en elle-même toutes les richesses de l’Occident et de l’Orient. Traduisant « dans les deux sens », elle considère son travail comme « toujours traversé par une certaine manière d’être deux ».

Ce fut une soirée d’une rare qualité et pleine d’émotions. Il est dommage que peu de Mouzonnais aient décidé d’en profiter.