Accéder au contenu
Actualité
Toutes les actualités

​Reconnaissance du « Roux d’Ardenne »

Parallèlement à la nouvelle exposition sur le mouton « Roux ardennais », une réunion a rassemblé, au Musée du feutre, une trentaine de personnes concernées par cette race d’ovins.

Les organisateurs étaient, pour l’essentiel, le lycée agricole de Rethel et la chambre d’agriculture des Ardennes.

Média importé

On sait que la race « Roux d’Ardenne » a failli disparaître et que nos voisins belges ont pris une grande avance dans le développement de son élevage. Si une vingtaine d’éleveurs des Ardennes françaises se sont lancés dans l’aventure avec, pour l’instant, environ 250 animaux identifiés, il en existe actuellement 2 500 en Belgique tant wallonne que flamande.

Ce mouton de taille moyenne (idéalement de 18 à 20 kg) semble avoir une foule de qualités : la principale est sa rusticité, ce qui permet de le laisser en permanence à l’extérieur. Sa très bonne résistance aux parasites et aux maladies permet de limiter les frais de vétérinaire, les agnelages se font seuls et sans mortalité, les gigots d’environ 2,5 kg correspondent mieux que ceux des plus gros moutons à la demande des consommateurs. Un directeur d’un important hypermarché de Charleville-Mézières se dit même prêt à lui offrir un rayon dans ses produits locaux et de qualité. La production est, cependant, pour l’instant insuffisante et écoulée exclusivement en vente directe.

Les participants –dont plusieurs éleveurs mouzonnais- ont donc exprimé le souhait de se réunir, pour commencer, dans une association dont le but est la reconnaissance de la race et son développement. Une structure existe qui va pouvoir les accueillir, c’est « Ardennes Génétique Elevage », qui chapeaute plusieurs associations concernant différentes races reconnues, tant en bovins que pour le cheval ardennais, par exemple. Il faut obtenir la reconnaissance de la race « Roux d’Ardenne » et l’établissement du génome, car seule la reconnaissance par l’ADN permettra de certifier qu’il s’agit bien d’une race à part, clairement identifiée.

L’exposition qui vient de s’ouvrir au Musée du feutre apporte un autre élément au débat : les 52 artistes qui ont hérité globalement de 500 kg de laine « Roux d’Ardenne » affirment que cette laine permet un feutrage rapide et de bonne qualité, ce qui n’est absolument pas le cas avec les autres races actuellement élevées par chez nous. L’idée est donc de valoriser aussi la toison des moutons –surtout des brebis- qu’il faut tondre chaque année. Les éleveurs constatent que, pour le moment, la vente de la toison –quand vente il y a – ne couvre même pas les frais du tondeur. Voilà donc une filière à remettre en place !

Le Musée du feutre –et donc la ville de Mouzon- n’a pas l’intention de ressusciter les usines Sommer, mais d’être facilitateur par la connaissance acquise dans le feutrage et dans les réseaux d’artistes intéressés par la laine. Ce pourrait être, dans un premier temps, une production artisanale, portée par des entrepreneurs privés. Mais la laine n’a pas qu’une utilisation dans l’art et le design, on en parle de plus en plus dans le domaine de l’isolation.

Reconnaissance d’une race d’ovins, son développement tant du point de vue viande que valorisation de la laine, voilà de grands projets qui ont vu un premier pas entamé au sein du Musée du feutre.

On aura compris que l’entreprise est un travail de longue haleine. Peut-on écrire « de longue à laine » ?