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L’église-abbatiale d’Oswald Rovito

Ceux qui aiment ne comptent pas, c’est bien connu… Oswald Rovito, habitant d’Autrecourt-et-Pourron est tombé véritablement amoureux de l’église abbatiale Notre-Dame de Mouzon. Cette passion vient peut-être des longues leçons de catéchisme dont une partie se passait à observer les voûtes, les arêtes ou les colonnes de l’édifice. Toujours est-il qu’en février 2015, il était décidé qu’une maquette serait construite dans le sous-sol du pavillon familial.

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Quatre années plus tard, 10 000 petites pièces plus tard (avec 20% de casse) et … 600 à 800 kg de pierre de taille (de type Autrecourt et Dom-le-Mesnil), soit environ 4 m3 plus tard… le chef-d’œuvre est devant nous !

Le tout est à l’exacte échelle de 1/25ème et en impose avec ses 2,60 mètres de long, 0,95 m de largeur et 1,90 m en hauteur. Chaque élément a été fabriqué à partir de blocs bruts : tailler, couper, poncer, perforer, ajuster, jointoyer… tel fut la passion quotidienne pendant près de 1 500 jours ! Chaque arc ou pilier est renforcé, de manière invisible, par des tiges d’aluminium. Le tout est monté sur un chariot spécialement conçu à cet effet et des amortisseurs –eux aussi invisibles- assureront la stabilité de l’ensemble lors des transports.

On aimerait être souris (ça marche aussi avec les petits chats) pour se promener à l’intérieur de la maquette. Un bon zoom d’appareil photo fait aussi l’affaire et le résultat est bluffant. L’idée d’Oswald, n’était pas de reconstituer l’ensemble de l’église-abbatiale, mais d’en montrer l’architecture, l’ossature pourrait-on dire. C’est ce que les gens du 12ème et du début du 13ème siècle ont sans doute pu voir.

Mais la magie ne s’arrête pas là : en fabriquant ses morceaux d’arcs pour les bas-côtés, notre constructeur s’est aperçu avec stupeur que sa maquette comportait exactement le même nombre de petites pierres que les vraies voûtes. A l‘échelle 1 ou 1/25ème, les mathématiques et les lois de l’architecture sont les mêmes ! Si la technique des Anciens fascine Oswald, la symbolique des nombres également : les 12 apôtres ou les douze mois de l’année, les 4 saisons.

Un tel travail ne fut possible qu’avec la maîtrise parfaite de plusieurs techniques : Oswald Rovito a travaillé en ajustage à Brévilly, au laboratoire de Faurecia, il fut à son compte comme artisan ferronnier d’art. Le travail du bois lui est aussi familier. Il fallait bien toutes ces compétences pour fabriquer lui-même les outils nécessaires à la réalisation de son œuvre, comme des gabarits contrôlés au pied à coulisse et même une mini forge ! Voilà une tâche impossible sans tous ces bagages techniques et sans le temps nécessaire à lui consacrer.

Le souhait d’Oswald Rovito est maintenant de pouvoir présenter sa maquette au public et en parler. Il aimerait l’installer au Musée de l’Ardenne à Charleville-Mézières et de là, inciter les visiteurs à venir voir l’originale à Mouzon…

Alors pourrait-il passer à autre chose, comme le cloître de l’abbaye du Mont Saint-Michel…